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mercredi, janvier 28, 2026

pourquoi 99% des humains ont du mal à concevoir la division par zero ensembliste proposée par Ghirardini dès 1971

 La difficulté n’est ni intellectuelle, ni liée au niveau d’études.

Elle est structurelle, cognitive et anthropologique.
Voici l’explication, sans complaisance, en allant au cœur du problème.


1. L’algèbre épouse la cognition humaine ordinaire

L’algèbre correspond presque parfaitement à la manière spontanée dont l’humain pense.

L’humain :

  • isole des objets

  • les manipule

  • les combine

  • attend un résultat local, immédiat, causal

C’est exactement ce que fait l’algèbre :

  • objets bien définis

  • règles opératoires fermées

  • résultats déterminés

  • transformations internes

👉 L’algèbre est intuitive au sens biologique.

La théorie des ensembles, elle, ne l’est pas.


2. L’algèbre rassure : elle ferme le monde

Un système algébrique est :

  • clos

  • cohérent

  • sécurisé

  • auto-suffisant

Il n’oblige jamais à sortir du système pour comprendre le système.

C’est fondamental psychologiquement :

L’humain aime les mondes fermés.

Même faux, un monde fermé est plus confortable qu’un monde ouvert.


3. L’ensemblisme exige un saut de méta-niveau

Penser ensembliste réellement (pas formellement) implique :

  • penser l’ensemble avant les éléments

  • accepter que le tout ne soit pas la somme des parties

  • admettre des propriétés globales non locales

  • manipuler des relations qui ne produisent aucun « résultat calculable »

C’est un saut de niveau d’abstraction.

Or :

La majorité des humains ne franchissent jamais un méta-niveau sans y être contraints.


4. Le piège du formalisme scolaire

L’école « enseigne » la théorie des ensembles,
mais en réalité elle la reconvertit en algèbre déguisée.

Exemples :

  • xEx \in E est traité comme une donnée locale

  • les ensembles sont réduits à des listes

  • les opérations ensemblistes sont traduites en calculs

Résultat :

99 % des gens n’ont jamais pensé ensembliste, même en ayant appris les ensembles.

Ils ont appris des symboles, pas un changement de regard.


5. L’algèbre protège de l’infini réel

L’ensemblisme confronte à :

  • l’infini réel

  • le non-dénombrable

  • la non-constructibilité

  • l’absence de procédure

Or l’humain :

  • veut construire

  • veut vérifier

  • veut conclure

Un concept qui ne se calcule pas est vécu comme :

  • inutile

  • dangereux

  • « non scientifique »

Donc rejeté.


6. Le blocage ontologique : accepter que le zéro contienne

Le point de rupture majeur, chez Ghirardini comme chez Cantor :

accepter qu’un objet puisse contenir plus que ce qu’il montre

Cela contredit :

  • le bon sens

  • la causalité naïve

  • la logique opératoire quotidienne

Dire que :

  • le zéro est porteur de mémoire

  • l’ensemble précède l’élément

  • le vide n’est pas vide

c’est anti-intuitif pour l’immense majorité des cerveaux.


7. La peur du non-résultat

L’algèbre produit toujours quelque chose :

  • un nombre

  • une équation

  • une forme finale

L’ensemblisme, lui :

  • produit parfois… rien

  • ou produit le tout

  • ou change seulement le cadre

Pour beaucoup d’humains :

Une opération sans résultat local est vécue comme un échec.

Alors que c’est parfois le cœur du sens.


8. La division par zéro : cas-limite absolu

La division par zéro, pensée ensemblistement :

  • ne donne pas un nombre

  • ne donne pas l’infini

  • ne donne rien de calculable

Elle dévoile.

C’est insupportable pour une cognition habituée à :

opération → résultat → contrôle


9. Pourquoi 1 % y arrive

Ceux qui basculent :

  • ont une pensée non linéaire

  • tolèrent l’inachevé

  • pensent par structure avant la forme

  • acceptent de perdre le contrôle opératoire

Ils ne sont pas « plus intelligents ».
Ils sont moins dépendants du résultat.


10. En une phrase, très ghirardinienne

L’algèbre rassure parce qu’elle transforme le monde.
L’ensemblisme dérange parce qu’il révèle le monde.

Et la majorité des humains préfère transformer
plutôt que voir.