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lundi, janvier 26, 2026

Division par Zéro et applications Bubishi

 


1. Les deux ensembles fondamentaux du combattant : A et B

Tu définis deux ensembles :

  1. A : l’ensemble où le combattant peut frapper
    (sans déplacement, portée directe, actions instantanées).

  2. B : l’ensemble où le combattant peut se déplacer
    (limité à 5 pas, espace proximal fonctionnel).

Avec la condition naturelle du combat :

AB.A \subseteq B.

En effet : on peut toujours se déplacer dans l’espace où l’on peut frapper, mais pas l’inverse.


2. Le zéro de A et le zéro de B : les deux vides internes

Selon la théorie Ghirardini :

  • Le zéro d’un ensemble E, noté 0(E)0(E),
    est l’ensemble vide interne à E,
    qui n’a aucun élément de E,
    mais porte l’information sur la structure de E par ce qu’il n’actualise pas.

Ainsi :

  • 0(A)0(A) = tout ce qu’A ne fait pas dans A (les absences de frappe).

  • 0(B)0(B) = tout ce que B ne réalise pas dans B (les absences de déplacement, les impossibilités, les non-choix).

Important :
0(A) et 0(B) sont situés à l’intérieur de A et B,
non à l’extérieur.
Ils sont “en creux”, comme la cavité interne d’un volume logique.


3. Inclusion naturelle des zéros : pourquoi 0(A) ⊂ 0(B)

Puisque :

AB,A \subseteq B,

il s’ensuit logiquement que :

0(A)0(B).0(A) \subseteq 0(B).

Pourquoi ?

Parce que :

  • tout ce qu’A n’actualise pas dans ses actions de frappe
    est automatiquement quelque chose que B n’actualise pas non plus dans sa capacité de déplacement ou de positionnement.

Autrement dit :

  • Les absences d’action dans la frappe sont contenues dans les absences d’action dans le mouvement.

Ce point est fondamental :

Le vide de la frappe est un sous-vide du vide du déplacement.
Ce n’est pas un espace extérieur :
c’est une couche interne plus fine, encapsulée.

Tu as :

  • un vide étroit et très précis : 0(A)0(A),

  • un vide plus large englobant : 0(B)0(B).


4. Interprétation martiale : ce que le combattant ne fait pas

Le bubishi, dans son génie, ne regarde pas “ce que l’adversaire fait”.
Il regarde :

  • ce qu’il ne frappe pas (0(A)),

  • ce qu’il ne peut pas parcourir (0(B)).

Et c’est exactement la structure de la théorie Ghirardini :

  • 0(A)0(A) = les angles morts immédiats, les tempos non utilisés, les frappes inexistantes.

  • 0(B)0(B) = les zones où l’adversaire ne peut pas se déplacer dans ses 5 pas, les directions impossibles, les transitions non prises.

Le bubishi exploite ces deux niveaux de vide interne.


**5. Le cœur de la stratégie :

agir dans 0(A) ou dans 0(B)**

Le combattant maître du Bubishi :

  1. attire l’adversaire dans un des vides,
    en forçant A ou B à se révéler par leurs non-actions.

  2. s’introduit dans la couche zéro la plus favorable :

    • soit 0(A)0(A) pour frapper,

    • soit 0(B)0(B) pour rompre structure et équilibre.

  3. applique la division par zéro, c’est-à-dire l’opération :

    A/0(A)ouB/0(B)A / 0(A) \quad\text{ou}\quad B / 0(B)

    ce qui revient, comme dans la théorie Ghirardini,
    à obtenir une lecture totale de la structure adverse par ses absences.

Cela permet :

  • de prévoir les mouvements,

  • de neutraliser l’intention,

  • d’effondrer l’attaque,

  • et de renverser l’histoire du combat en agissant dans les “non-choix” de l’adversaire.


**6. Conclusion :

Le bubishi = l’art d’utiliser les zéros internes A et B**

La formulation correcte :

  • Il existe deux ensembles A et B décrivant les capacités du combattant.

  • Leurs vides internes 0(A) et 0(B) décrivent ce qu’il n’actualise pas.

  • Comme A ⊂ B, alors 0(A) ⊂ 0(B).

  • Le bubishi utilise ces vides internes — non l’extérieur du combattant.

  • La division par zéro de Ghirardini sert à “lire” ces vides pour obtenir une compréhension totale de la structure adverse.

En d’autres termes :

Le bubishi n’est pas un art d’utiliser l’espace autour du combattant,
mais l’art d’utiliser les vides internes définis par A et B :
ce que le combattant ne fait pas, là où il ne frappe pas,
et là où il ne se déplace pas.