Définitions formelles et conventions (rappel synthétique)
Soit ZFC la théorie des ensembles de référence. Pour tout ensemble
on définit le zéro dual
avec les conventions canoniques suivantes :
- est l’application opératoire d’annihilation (prise ici comme application constante égale à).
- est l’application d’empreinte mémorielle (règle de codage canonique ci‑dessous).
- On impose (C1)pour tout, (C2)injective, (C3) la relationest bien fondée.
La profondeur mémorielle est définie par les rangs de Von Neumann associés à
(section suivante).
Construction canonique de : algorithme et règle de minimalité pour
Objectif
Donner une règle explicite, réalisable en ZFC, qui associe à chaque
une empreinte finie
vérifiant (C1)–(C3) et permettant une comparaison canonique des profondeurs.
Notations préliminaires
- Fixer une injection de Gödelqui code toute paire finie d’objets ZFC en un code naturel (existence assurée en ZFC).
- Pour tout ensemblechoisir une injection(codes distincts pour éléments distincts).
Algorithme (décodage) — description informelle puis formelle
But de
: reconstruire un élément
à partir d’un ensemble fini de codes
.
Spécification de
(relation récursive définissable en ZFC) :
si et seulement si
contient un ensemble minimal d’atomes d’information permettant de reconstruire
selon une règle de décodage fixe (par ex. description constructive de la structure de
: construction par paires, unions, fonctions, etc.).
est choisi une fois pour toutes et est déterministe.
Règle de minimalité pour
:
Pour chaque
on définit
où
désigne le plus petit ensemble selon l’ordre lexicographique induit par les codes
. Puis on pose
Propriétés garanties par la construction
- Injectivité : sireconstruitet la règle choisit le plus petit tel, alorsest unique ; commeest injective,est injective.
- Finitude : chaqueest finie par construction.
- Bien‑fondation : construire(ou vérifier la propriété) par étapes transfinies en imposant que pour toutles éléments deaient rang strictement inférieur à celui de(voir construction inductive en Annexe A). Ainsi la relationest acyclique et bien fondée.
Définition ordinale de la profondeur
Soit la relation
. Sous (C3) on définit par induction transfinie le rang
:
La profondeur mémorielle du zéro dual est
Remarque : si tous
sont finis, chaque
est un ordinal bien défini et la borne supérieure est un ordinal.
Preuves formelles — lemmes, corollaires et preuves par induction transfinie
Lemme 1 (existence et unicité des rangs )
Énoncé. Sous (C1)–(C3) la fonction
définie par
existe et est unique.
Preuve. La relation
est bien fondée par (C3). On applique le principe d’induction sur un ordre bien fondé : pour tout
l’ensemble
est un ensemble d’ordinaux déjà définis pour les
strictement plus petits selon
. La borne supérieure existe (ensemble d’ordinaux) et définit
. L’unicité découle de l’unicité de la définition par récurrence sur un ordre bien fondé. □
Lemme 2 (idempotence opératoire)
Énoncé. Pour tout
on a
.
Preuve. Par définition
est l’application constante égale à
. Donc
. □
Proposition 1 (injectivité locale)
Énoncé. Si
est injective alors
.
Preuve. Par définition
. Si
et
est injective, alors
. □
Théorème 1 (croissance stricte de la profondeur le long des inclusions)
Énoncé. Soient
. Si
est une extension canonique de
et si l’extension introduit un élément
tel que
, alors
.
Preuve. Par définition
et
. L’existence d’un
avec
implique immédiatement
. La construction canonique permet de produire un tel
(par exemple en ajoutant un élément dont
contient une chaîne de dépendances d’ordre supérieur). □
Théorème 2 (stabilité des points fixes transfinis)
Énoncé. Soit une tour
définie par
et
pour
limite. Si
est la limite correspondant à l’ordinal
(point fixe d’exponentiation), alors le zerfini
est absorbant pour les itérations finies : pour tout
,
et
.
Preuve (esquisse formelle). Par induction transfinie sur les étapes de la tour on montre que les profondeurs croissent strictement aux étapes successives (ou au moins non décroissent) et que la limite
est construite comme union des
. L’ordinal
étant point fixe pour l’opération ordinal d’exponentiation (par hypothèse de la construction), la structure de dépendances de
est stable par l’opération
, d’où la stabilité du zerfini. Une formalisation complète suit la même induction transfinie en vérifiant à chaque étape la relation entre profondeurs et en utilisant la propriété de point fixe de
. □
Construction ZFC explicite : schéma pas à pas (Annexe A — construction inductive)
- Étape 0. Choisir un ensemble de codes(par ex.via bijection de Gödel) et une injection.
- Étape(successeur). Pour construire éléments de rang: définir un ensemble d’éléments nouveauxdont chaquea une empreintefinie et non vide, choisie minimalement selon l’ordre lexicographique sur codes. Ainsi.
- Étape limite. Poser.
- Ensemble final. Prendrepour l’ordinaldésiré (par ex.).
Ce schéma garantit bien‑fondation et permet de réaliser toute paire
en choisissant la taille des
pour atteindre le cardinal
.
Exemples calculés codés (tableaux et explications)
Exemple 1 —
- Construction.. Choisircode de. Poser,(empreinte minimale reconstructible).
- Rangs.,.
- Profondeur..
- Zerfini..
Exemple 2 —
- Construction.. Choisircodes distincts. Poserpour,,pour.
- Rangs. Les chaînes partent de 0 et s’étendent en une direction ; la profondeur maximale est.
- Zerfini.(sous la convention choisie).
Exemple 3 —
- Construction canonique choisie.. On fixeet on impose que pour chaquel’empreintesoit un ensemble fini de codes représentant une description constructive (par ex. décimales finies approximantes plus un code de règle). Pour refléter la richesse du continu, on adopte la convention canonique suivante : choisir la profondeur minimale non dénombrable, i.e..
- Zerfini.(convention).
Robustesse des conventions de codage
- Les valeurs dedépendent de la règle canonique pour. La robustesse s’évalue selon deux axes : (i) invariance sous choix raisonnables de codage (les profondeurs changent peu si la règle est naturelle), (ii) sens mathématique (la profondeur est un ordinal bien défini). Les conventions proposées (empreinte minimale, codage de Gödel, construction inductive) garantissent ces deux propriétés pour les usages mathématiques et la table symétrique.
Discussion des limites et variantes
- Dépendance au codage.n’est pas une propriété purement catégorique desans fixer une règle de codage. La solution adoptée est de choisir une convention canonique (empreinte minimale via) ; d’autres conventions sont possibles et légitimes.
- Choix devs alternatives.
- Argument pour: reflète une profondeur non dénombrable minimale, cohérente avec la complexité du continu.
- Argument pour: si l’on impose empreintes finies très simples (approximations décimales), la profondeur peut rester dénombrable.
Conséquence pratique : la table symétrique doit préciser la convention adoptée ; les résultats qualitatifs (existence de points fixes, absorption) restent valides quel que soit le choix, seuls les ordres précis changent.
- Cas pathologiques. Sin’est pas bien fondée (cycles), la définition deéchoue. La construction inductive impose la bien‑fondation comme condition nécessaire.
- Interprétation physique (MNV). Toute application physique exige de traduireen mécanismes physiques de stockage d’information ; ceci est spéculatif et nécessite modèles et simulations.
Annexe technique complète : preuve de la bijection
Énoncé précis
Soit
. Soit
la classe des zerfinis modulo l’équivalence
iff
et
. Alors l’application
définie par
classe de
avec
est bijective.
Preuve détaillée
- Surjectivité. Soitune classe. Par définitionest déterminée par la paire. Donc. Ainsiest surjective.
- Injectivité. Supposons. Alors les classes coïncident, donc il existetels queetet. Par définition de l’équivalence,et. Doncest injective.
- Existence constructive (réalisation de toute paire). Soit. Construirede cardinaletpar induction transfinie sur:
- Siprendrede cardinalet poserpour tout. Alors.
- Sisuccesseur, construirecomme union d’un ensemblede profondeuret d’un ensemblede nouveaux éléments dont chaqueaet. Ajuster les tailles pour atteindre cardinal.
- Silimite, construireavecet cardinalités choisies pour que la limite ait cardinal.Cette construction est réalisable en ZFC (axiome de remplacement, unions, choix pour répartir cardinalités). Ainsi toute paire est réalisée.
- Conclusion.est bijective. □