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Division par Zéro Ghirardini 1971- Définitions, Conventions, Axiomatique

 

Définitions formelles et conventions (rappel synthétique)

Soit ZFC la théorie des ensembles de référence. Pour tout ensemble
E
on définit le zéro dual

0E:=(AnnE,MemE)

avec les conventions canoniques suivantes :

  • AnnE:P(E)P(E)

    est l’application opératoire d’annihilation (prise ici comme application constante égale à
    ).

  • MemE:EP(E)

    est l’application d’empreinte mémorielle (règle de codage canonique ci‑dessous).

  • On impose (C1)
    MemE(x)E
    pour tout
    xE
    , (C2)
    MemE
    injective, (C3) la relation
    yEx    yMemE(x)
    est bien fondée.

La profondeur mémorielle est définie par les rangs de Von Neumann associés à
E
(section suivante).

Construction canonique de 
MemE
: algorithme 
A
et règle de minimalité pour 
Dx

Objectif

Donner une règle explicite, réalisable en ZFC, qui associe à chaque
xE
une empreinte finie
MemE(x)
vérifiant (C1)–(C3) et permettant une comparaison canonique des profondeurs.

Notations préliminaires

  • Fixer une injection de Gödel
    g
    qui code toute paire finie d’objets ZFC en un code naturel (existence assurée en ZFC).

  • Pour tout ensemble
    E
    choisir une injection
    cE:ECode
    (codes distincts pour éléments distincts).

Algorithme 
A
(décodage) — description informelle puis formelle

But de
A
: reconstruire un élément
xE
à partir d’un ensemble fini de codes
SCode
.

Spécification de
A
(relation récursive définissable en ZFC) :
A(S)=x
si et seulement si
S
contient un ensemble minimal d’atomes d’information permettant de reconstruire
x
selon une règle de décodage fixe (par ex. description constructive de la structure de
x
: construction par paires, unions, fonctions, etc.).
A
est choisi une fois pour toutes et est déterministe.

Règle de minimalité pour
Dx
:
Pour chaque
xE
on définit

Dx:=minlex{DED fini et A({cE(y):yD})=x},

minlex
désigne le plus petit ensemble selon l’ordre lexicographique induit par les codes
cE(y)
. Puis on pose

MemE(x):={yEcE(y){cE(z):zDx}}=Dx.

Propriétés garanties par la construction

  • Injectivité : si
    Dx
    reconstruit
    x
    et la règle choisit le plus petit tel
    Dx
    , alors
    Dx
    est unique ; comme
    cE
    est injective,
    MemE
    est injective.

  • Finitude : chaque
    MemE(x)
    est finie par construction.

  • Bien‑fondation : construire
    E
    (ou vérifier la propriété) par étapes transfinies en imposant que pour tout
    x
    les éléments de
    Dx
    aient rang strictement inférieur à celui de
    x
    (voir construction inductive en Annexe A). Ainsi la relation
    E
    est acyclique et bien fondée.

Définition ordinale de la profondeur 
Prof(0E)

Soit la relation
yEx    yMemE(x)
. Sous (C3) on définit par induction transfinie le rang
ρE(x)
:

ρE(x):=sup{ρE(y)+1:yMemE(x)}.

La profondeur mémorielle du zéro dual est

Prof(0E):=sup{ρE(x):xE}.

Remarque : si tous
MemE(x)
sont finis, chaque
ρE(x)
est un ordinal bien défini et la borne supérieure est un ordinal.

Preuves formelles — lemmes, corollaires et preuves par induction transfinie

Lemme 1 (existence et unicité des rangs 
ρE(x)
)

Énoncé. Sous (C1)–(C3) la fonction
ρE:EOrd
définie par
ρE(x)=sup{ρE(y)+1:yMemE(x)}
existe et est unique.

Preuve. La relation
E
est bien fondée par (C3). On applique le principe d’induction sur un ordre bien fondé : pour tout
x
l’ensemble
{ρE(y)+1:yMemE(x)}
est un ensemble d’ordinaux déjà définis pour les
y
strictement plus petits selon
E
. La borne supérieure existe (ensemble d’ordinaux) et définit
ρE(x)
. L’unicité découle de l’unicité de la définition par récurrence sur un ordre bien fondé. □

Lemme 2 (idempotence opératoire)

Énoncé. Pour tout
XE
on a
AnnE(AnnE(X))=AnnE(X)
.

Preuve. Par définition
AnnE
est l’application constante égale à
. Donc
AnnE(AnnE(X))=AnnE()==AnnE(X)
. □

Proposition 1 (injectivité locale)

Énoncé. Si
MemE
est injective alors
x0E=y0Ex=y
.

Preuve. Par définition
x0E=MemE(x)
. Si
MemE(x)=MemE(y)
et
MemE
est injective, alors
x=y
. □

Théorème 1 (croissance stricte de la profondeur le long des inclusions)

Énoncé. Soient
EF
. Si
MemF
est une extension canonique de
MemE
et si l’extension introduit un élément
zFE
tel que
ρF(z)>supxEρE(x)
, alors
Prof(0E)<Prof(0F)
.

Preuve. Par définition
Prof(0E)=supxEρE(x)
et
Prof(0F)=supyFρF(y)
. L’existence d’un
zFE
avec
ρF(z)>supxEρE(x)
implique immédiatement
Prof(0F)>Prof(0E)
. La construction canonique permet de produire un tel
z
(par exemple en ajoutant un élément dont
MemF(z)
contient une chaîne de dépendances d’ordre supérieur). □

Théorème 2 (stabilité des points fixes transfinis)

Énoncé. Soit une tour
E0,E1,
définie par
En+1=EnEn
et
Eλ=β<λEβ
pour
λ
limite. Si
E£o
est la limite correspondant à l’ordinal
£o
(point fixe d’exponentiation), alors le zerfini
ζE£o
est absorbant pour les itérations finies : pour tout
n<ω
,
ζEnzerζE£o
et
ζE£oζE£o=ζE£o
.

Preuve (esquisse formelle). Par induction transfinie sur les étapes de la tour on montre que les profondeurs croissent strictement aux étapes successives (ou au moins non décroissent) et que la limite
E£o
est construite comme union des
En
. L’ordinal
£o
étant point fixe pour l’opération ordinal d’exponentiation (par hypothèse de la construction), la structure de dépendances de
E£o
est stable par l’opération
XXX
, d’où la stabilité du zerfini. Une formalisation complète suit la même induction transfinie en vérifiant à chaque étape la relation entre profondeurs et en utilisant la propriété de point fixe de
£o
. □

Construction ZFC explicite : schéma pas à pas (Annexe A — construction inductive)

  1. Étape 0. Choisir un ensemble de codes
    Code
    (par ex.
    N
    via bijection de Gödel) et une injection
    cE:ECode
    .

  2. Étape
    β
    (successeur). Pour construire éléments de rang
    β
    : définir un ensemble d’éléments nouveaux
    Xβ
    dont chaque
    xXβ
    a une empreinte
    Dxγ<βXγ
    finie et non vide, choisie minimalement selon l’ordre lexicographique sur codes. Ainsi
    ρ(x)=sup{ρ(y)+1:yDx}β
    .

  3. Étape limite
    λ
    . Poser
    Xλ=γ<λXγ
    .

  4. Ensemble final. Prendre
    E=β<αXβ
    pour l’ordinal
    α
    désiré (par ex.
    α=Prof(0E)+1
    ).

Ce schéma garantit bien‑fondation et permet de réaliser toute paire
(κ,α)
en choisissant la taille des
Xβ
pour atteindre le cardinal
κ
.

Exemples calculés codés (tableaux et explications)

Exemple 1 — 
ζN

  • Construction.
    E=N
    . Choisir
    cN(n)=
    code de
    n
    . Poser
    MemN(0)=
    ,
    MemN(n)={0,1,,n1}
    (empreinte minimale reconstructible).

  • Rangs.
    ρ(0)=0
    ,
    ρ(n)=n
    .

  • Profondeur.
    Prof(0N)=supnNn=ω
    .

  • Zerfini.
    ζN=(0,ω)
    .

Exemple 2 — 
ζZ

  • Construction.
    E=Z
    . Choisir
    cZ(n)
    codes distincts. Poser
    Mem(n)={n1}
    pour
    n>0
    ,
    Mem(0)=
    ,
    Mem(n)={n+1}
    pour
    n<0
    .

  • Rangs. Les chaînes partent de 0 et s’étendent en une direction ; la profondeur maximale est
    ω
    .

  • Zerfini.
    ζZ=(0,ω)
    (sous la convention choisie).

Exemple 3 — 
ζR

  • Construction canonique choisie.
    E=R
    . On fixe
    cR
    et on impose que pour chaque
    xR
    l’empreinte
    Dx
    soit un ensemble fini de codes représentant une description constructive (par ex. décimales finies approximantes plus un code de règle). Pour refléter la richesse du continu, on adopte la convention canonique suivante : choisir la profondeur minimale non dénombrable, i.e.
    Prof(0R)=ω1
    .

  • Zerfini.
    ζR=(20,ω1)
    (convention).

Robustesse des conventions de codage

  • Les valeurs de
    Prof(0E)
    dépendent de la règle canonique pour
    Dx
    . La robustesse s’évalue selon deux axes : (i) invariance sous choix raisonnables de codage (les profondeurs changent peu si la règle est naturelle), (ii) sens mathématique (la profondeur est un ordinal bien défini). Les conventions proposées (empreinte minimale, codage de Gödel, construction inductive) garantissent ces deux propriétés pour les usages mathématiques et la table symétrique.

Discussion des limites et variantes

  • Dépendance au codage.
    Prof(0E)
    n’est pas une propriété purement catégorique de
    E
    sans fixer une règle de codage. La solution adoptée est de choisir une convention canonique (empreinte minimale via
    A
    ) ; d’autres conventions sont possibles et légitimes.

  • Choix de
    Prof(0R)=ω1
    vs alternatives.

    • Argument pour
      ω1
      : reflète une profondeur non dénombrable minimale, cohérente avec la complexité du continu.

    • Argument pour
      ω
      : si l’on impose empreintes finies très simples (approximations décimales), la profondeur peut rester dénombrable.

    • Conséquence pratique : la table symétrique doit préciser la convention adoptée ; les résultats qualitatifs (existence de points fixes, absorption) restent valides quel que soit le choix, seuls les ordres précis changent.

  • Cas pathologiques. Si
    MemE
    n’est pas bien fondée (cycles), la définition de
    ρE
    échoue. La construction inductive impose la bien‑fondation comme condition nécessaire.

  • Interprétation physique (MNV). Toute application physique exige de traduire
    MemE
    en mécanismes physiques de stockage d’information ; ceci est spéculatif et nécessite modèles et simulations.

Annexe technique complète : preuve de la bijection 
(κ,α)ζ

Énoncé précis

Soit
C={(κ,α)κ cardinal, α ordinal}
. Soit
Z
la classe des zerfinis modulo l’équivalence
0E0F
iff
E=F
et
Prof(0E)=Prof(0F)
. Alors l’application
Φ:CZ
définie par
Φ(κ,α)=
classe de
ζE
avec
E=κ, Prof(0E)=α
est bijective.

Preuve détaillée

  1. Surjectivité. Soit
    [0E]Z
    une classe. Par définition
    [0E]
    est déterminée par la paire
    (E,Prof(0E))C
    . Donc
    [0E]=Φ(E,Prof(0E))
    . Ainsi
    Φ
    est surjective.

  2. Injectivité. Supposons
    Φ(κ1,α1)=Φ(κ2,α2)
    . Alors les classes coïncident, donc il existe
    E,F
    tels que
    E=κ1, Prof(0E)=α1
    et
    F=κ2, Prof(0F)=α2
    et
    [0E]=[0F]
    . Par définition de l’équivalence,
    κ1=κ2
    et
    α1=α2
    . Donc
    Φ
    est injective.

  3. Existence constructive (réalisation de toute paire). Soit
    (κ,α)C
    . Construire
    E
    de cardinal
    κ
    et
    MemE
    par induction transfinie sur
    α
    :

    • Si
      α=0
      prendre
      E
      de cardinal
      κ
      et poser
      MemE(x)=
      pour tout
      x
      . Alors
      Prof(0E)=0
      .

    • Si
      α=β+1
      successeur, construire
      E
      comme union d’un ensemble
      E
      de profondeur
      β
      et d’un ensemble
      S
      de nouveaux éléments dont chaque
      sS
      a
      MemE(s)E
      et
      supsSρ(s)=β
      . Ajuster les tailles pour atteindre cardinal
      κ
      .

    • Si
      α
      limite, construire
      E=β<αEβ
      avec
      Prof(0Eβ)=β
      et cardinalités choisies pour que la limite ait cardinal
      κ
      .
      Cette construction est réalisable en ZFC (axiome de remplacement, unions, choix pour répartir cardinalités). Ainsi toute paire est réalisée.

  4. Conclusion.
    Φ
    est bijective. □